La charte des droits de l’endeuillé

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Mon deuil n’est pas une maladie ni une invention… Je le vis vraiment, il fait partie de moi et est comme il est pour de nombreuses raisons très personnelles. Je dois travailler très fort pour accepter d’être dans cet état, et ce, chaque jour et même chaque seconde. Au fil du temps, j’ai appris une chose : quand je sens que je n’ai pas le droit d’être en deuil, je ne vais pas bien. Donc, j’ai décidé que j’ai le droit maintenant de vivre le deuil, car une personne que j’aime est morte. Elle me manque, je me sens plein d’émotions et j’ai le droit :

  • de ne pas toujours être inébranlable, de vivre toutes les émotions possibles sans pour autant être jugé comme étant malade, dépressif ou trop bien
  • de vivre les jours de fête ou les dates spéciales à ma manière
  • d’avoir des besoins différents d’avant et d’être différent; d’ailleurs je ne serai plus jamais comme avant, le deuil m’a changé et me fera revivre
  • de laisser une place à cette personne morte dans ma vie, d’en parler, de revisiter le passé, de garder des souvenirs, des photos…
  • d’avoir des questions, des réponses et des informations pour mieux comprendre
  • de me recueillir aux endroits qui me conviennent
  • qu’on me respecte dans mon intimité et aussi dans celle du défunt
  • d’avoir du soutien, du vrai : des oreilles sincères pour m’écouter parler sans censure et même me répéter
  • de mettre mon expérience au service des autres
  • d’avoir une routine de vie que je choisis et qui me fait du bien : sortir, manger, voyager, établir des priorités…
  • de vivre mon deuil, ce deuil unique que quiconque ne peut comprendre… sans limite de temps et à mon rythme

Josée Masson et ses «experts endeuillés»
Avril 2015

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